Pierre-Auguste Renoir – Galeries Nationales du Grand Palais
Enfant, j’ai vécu en Haut-de-Cagnes, village médiéval de la Côte d’Azur. Mes amis et moi parcourions les ruelles escarpées et montions à l’assaut du Château des Grimaldi, où notre imaginaire bravait les tabous de cette demeure interdite.
Je me souviens de Jacques, qui vivait au domaine des « Collettes », où son arrière grand-père, le peintre Pierre-Auguste Renoir a vécu à la fin de sa vie et où séjournait souvent son oncle cinéaste, Jean Renoir.
A cette époque, j’étais inculte en peinture, et ne me parlaient pas plus « La règle du Jeu » ou le » Déjeuner sur l’Herbe «. J’ai perdu Jacques de vue, mais ces souvenirs étaient présents lorsque je me suis rendue à l’exposition Pierre-Auguste Renoir au Grand Palais, retraçant « la période nacrée » du peintre, dont plusieurs œuvres ont été réalisées dans ce village de Provence qu’il aimait.
Le Grand Palais est né alors que Pierre-Auguste Renoir allait s’éteindre début du XXème siècle. Ce chef d’œuvre architectural avec sa nef grandiose et futuriste pour l’époque mérite déjà qu’on s’y attarde. Depuis le 23 septembre, les Galeries Nationales abrite 80 tableaux, pour beaucoup des nus féminins.
Comme beaucoup, et avec quelques années en plus, ma référence à la peinture de Pierre-Auguste Renoir, se situait dans son « impressionnisme », et des toiles célèbres comme le « Déjeuner des Canotiers », le « Bal du Moulin de la Galette », ou « le Chemin montant dans les Hautes Herbes ».
L’exposition de ses œuvres peintes au début du XXème siècle, galerie de portraits qui met en scène son très proche environnement dans des situations de vie quotidienne, m’a séduite. A l’époque de la minceur à tout prix, il est réconfortant de voir ces femmes belles et charnues dans la plénitude de leur gestuelle quotidienne et dans une lumière un peu nacrée qui rend leur carnation si délicate.
Elyane Prache – Hôtel du Jeu de Paume

